Dimanche 14 octobre 2007
SH-ceintre-copie.jpg sh-mao-copie-copie-1.jpg sh-tissu2-copie.jpg sh-linge-copie.jpg sh-buildings-copie.jpg sh-bassien2-copie.jpg sh-clope-copie.jpg sh-boy-copie.jpg sh-linge2-copie.jpg sh-dumpling-copie.jpg sh-manequins-copie.jpg sh-bouddha-copie.jpg sh-brochette-copie.jpg sh-m-factory-copie.jpg sh-21-copie.jpg
sh-jambes-copie.jpg
Par carla sonia
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 13 octobre 2007
You’re so sexy, you’re so sexy, he would keep saying.

Une nuit de vodka shots à Shanghai. Une longue nuit chinoise consommée. Dong.

Really handsome but far too tiny for me… et puis on ne passe pas du coq à l’âne comme ça.
////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////


Markus et Sven et les autres étaient sur le départ.
Leur temps à la CAA s’était écoulé, après quatre semaines tantôt chaotiques tantôt réjouissantes auprès des étudiants chinois. Au moment de faire leur valise dans la chambre ils m’avaient laissé un bol, des baguettes, et une raquette de ping-pong, une planche à légumes dont je me servis comme planche à dessin parce ça ne mange pas de pain. On a arrosé une grande fête le dernier soir après l’exposition des élèves et le lendemain je me suis retrouvée à Shanghai avec Claudia et Dong sans trop comprendre comment…


Ce soir-là mes nouveaux voisins européens venaient d’emménager dans la prison je veux dire le campus parce que l’école bientôt rouvrirait, on se sentait solidaire déjà sans se connaître, et ça me rendait moins triste par rapport au départ des allemands que je commençais à bien apprécier.
Ce soir-là j’ai voulu offrir des bières à tout le monde je me suis servie dans le frigo de la cantine tout a glissé sur moi on sait que je n’ai pas vraiment le sens pratique les bouteilles en morceaux mille sur mes jambes toujours nues coupées en sang, c’était pas très beau à voir mais le mal était moindre, j’avais aussi cassé depuis mon arrivée mon grand vase en y trempant mes pinceaux le capuchon de ma théière la poignée arrière d’un taxi c’est de la daube les poignées chinoises c’était pas vraiment de ma faute on ne pas dire que j’ai autant de force dans les mains, quoique, j’ai aussi cassé le robinet des toilettes des filles, pas dévissé non, cassé le bout de métal entre mes doigts…

Ce soir-là j’avais décliné l’invitation de Ding pour aller à la piscine parce que je voulais assister à la fin du workshop des allemands, et voilà que je me suis retrouvée avec Dong, qui m’a emmenée à Sahnghai pour cinq jours féeriques à survoler la ville les lumières et le temps.

Chez Dong, avec Dong et Claudia.

Claudia, c’était l’artiste sud-africaine, elle avait invité ce dernier jour à l’Académie un de ses anciens élèves chinois en Allemagne, enfin elle avait invité un chinois qui avait été son élève à Berlin, Dong, quoi.

Claudia, j’aurais bien aimé l’avoir eu comme professeur de peinture si j’avais fait les beaux-arts, son travail est tellement sensible et significatif, ses dessins des bouffées d’air imprégnées d’eau, elle en parlait avec une nostalgie si naturelle, Claudia la seconde d’une grande famille Sud-Africaine des frères et sœurs de tous les côtés, je m’identifiais d’emblée à elle et ses peintures, bien sûr, comment ne pas.

Dong, lui aussi il était peintre et j’ai été bluffée par trois tableaux au mur, chez lui. Profondément. Son appartement dans un quartier résidentiel et calme de Shanghai, deux salles de bain le grand luxe un piano le pied, des toilettes des vraies et propres trop de la balle, un grand lit, un très grand lit…

Pour une longue nuit de cinq jours à Shanghai en hôtes privilégiées.
 
Un rêve éveillé un peu flou déjà loin,
Shanghai le rouge et le noir, les lumières le jour la nuit, qui clignotent à travers la vitre de la voiture défilent,
Des étoiles multicolores grattant le ciel si grands les immeubles sur lesquels elles s’accrochent,
Shanghai un grand champ irrégulier de sapins de Noël tout au long de l'année,
une forêt festive qui te happe de tout son faste électrique,
un labyrinthe géant où tu peux plonger bien profond dans le noir
sans voir.


Comment dire comment raconter les promenades, les marchés, la traversée dans les perpétuels embouteillages sous des dizaines de drôles d’échangeurs dans tous les sens, le Cinquième Élément les voitures tu croirais qu’elles volent, Blade Runner dans le futur, le pneu qui crève dans une ruelle au cœur des plus grands gratte-ciels en construction toujours plus hauts surplombant le Bund, les quartiers cosi juste faits pour les étrangers, leurs boutiques de luxe l’architecture de l’ancienne concession française les maisons abandonnées habitées dans la nuit, les baraques marquées du signe « à démolir » caché par un linge qui pend ou par l’odeur du riz en train de cuire, la soupe de poisson du restaurant japonais, le Hot Pot à l’agneau et à la coriandre que j’ai quand même avalé, les brochettes épicées sur le trottoir au bord de la route assis sur un mini tabouret en plastique comme celui de la Vieille à la Soupe qu’on avait cassé avec Chloé et Laëti le premier jour à Hanoï, les dumplings fourrés au crabe les meilleurs de ma vie entière du meilleur restaurant de dumplings de Shanghai classé dans les Top 10 du meilleur des mondes entiers, et Big Brother, des Mao par milliers et même des Che Guevara presqu’autant qu’à la Havane, Mao et Che, les puces, les veilles affiches de propagande enroulées dans mon sac, et puis la Hai hai Lu, les Champs Elysées remixés dans un Times Square tu t’y méprendrais, s’il n’y avait quelques enseignes chinoises parmi les Starbucks, Miss Sixty, Lancôme, Chloé, Beneton, Swatch, Paris Miki, Angel Garden, Sephora, L’amour, Dior, New yorker, Mango, Promod, Christine, Paris Baguette, Marco Polo, et puis « Chi Lulu Fuminu » la rue du bar sésam ouvre-toi où tu te retrouves devant non pas une porte mais un jeu de cercles lumineux dont il faut trouver la combinaison secrète du bout des doigts pour que s’ouvre la paroi à droite entrée du fancy bar, et non le miroir à gauche, mascarade, ces bars inévitablement où l’on rencontre Peter l’Italien et tous ces européens décontractés les yeux rouges les poches pleines de Yuans, les saladiers de glace incrustés de dizaines de tubes de Vodka sucrée qu’on avale cul sec parce que Ganbei ! , les clubs où l’on danse sur les tables même que ça fait peur d’y voir toutes ces chinoises accrochées pendues aux bras d’élégants grands blonds dégueulasses mais qui suis-je pour juger, et aussi parsemées dans la nuit les red light des ruelles sombres comme à Amsterdam quand on s’était « égarées » avec Laëti encore, ces jeunes et jolies filles aux jambes nues derrière la vitrine les lèvres entrouvertes leur regard bien profond planté dans le tien, Shanghai fever, Shanghai for ever, une longue nuit à Shanghai, j’ai goûté le parfum d’une peau mate elle était pour moi you’re so sexy he would keep saying mais je n’ai pas su apprécier on ne passe du coq à l’âne comme ça je n’y arrive pas vais-je un jour en finir avec toi me débarrasser de toi dans les pores de ma peau tout au fond de la Chine si loin là-bas je te sens encore, pourquoi tu rappliques encore, j’ai versé tellement de larmes pour toi mes yeux une fontaine inépuisable jamais je ne m’en sortirai de toi ? le lendemain les petits déjeuners cuisinés chacun notre tour l’odeur des œufs brouillés du bacon et des toasts, des fruits du dragon comme au Vietnam toujours sauf qu’à Shanghai ils sont roses à l’intérieur et des pastèques et des mangues encore plus sucrées qu’à Cuba, et la douche chaude et Gonzales au piano dans le salon devant la toile de Dong et la main de Dong sur mon épaule et les salons de massages où il faut se mettre en pyjama devant Dong et Claudia et on est tous les trois allongés en rang d’oignon la tête dans un trou ça fait mal et ça fait du bien en même temps, le cinéma climatisé popcornisé pire que dans les salles américaines, « Velvet » un film sacrément beau et juste et sévère et sensible dans d’autres temps d’autres contrées de la Chine qu’il me tarderait de découvrir, un jour peut-être, ainsi que le loft qui bientôt remplacera l’usine désaffectée de Dong où avec ses amis artistes il compte construire des ateliers des galeries des cafés comme un Dashanzi à Pekin mais en beaucoup mieux, et la galerie française Island 6 où j’ai reparlé mon dialecte pour la première fois depuis mon arrivée en Chine parce qu’on y était venu avec Les Cent et à l’époque la galerie, dans une bâtisse abandonnée au milieu d’un champ sauvage un terrain vague avec rien derrière qu’on se demande vraiment où l’on est, à l’époque donc j’avais pris une photo, assez frappante et décalée et j’ai repris une photo, avec le même angle, le même appareil, au même moment de la journée, un an et demi après, 2000 appartements construits autour… 2000 que dis-je, en Chine les immeubles poussent plus vite que les champignons, et ils se laissent écraser tout pareil sans demander leur avis aux pauvres gens regroupés là par familles entières depuis des générations, et des champignons à Moganshan il y en plein, ce quartier hip des galeries d’art qui sont vraiment à gerber je ne peux me retenir des horreurs commerciales des copies au grand jour sans vergogne et des étrangers toujours prêts qui viennent flairer la belle affaire tu parles d’une affaire, Shanghai, Shanghai, l’enfer et le paradis, la Chine, ce que cette ville me fascine, ce que je veux y retourner m’y plonger encore, trois jours avec Les Cent, cinq jours avec Claudia et Dong, une longue nuit à Shanghai en hôtes privilégiées, Shanghai Shanghai, j’ai pris ce que tu m’as donné à voir, ton parfum aux mille odeurs incandescentes dont je n’oublierai pas le goût… 

///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Des cœurs en pétards en bas de l’immeuble qui éclatent au petit matin.
Alignées, quatorze voitures noires aux vitres fumées ornées d’un gros nœud rouge. Pompons, feux et artifices. Démonstration frénétique. Rose bonbon et talons plastiques. Chirurgie joyeuse de deux corps à marier.
Un autre monde, vraiment.

Dans le son des pétards les séparations comme des adieux dans un ciel acidulé.

Seule à la gare Sud de Shanghai—
les souvenirs heureux doivent-ils être tus ?


Je restai là dans cette salle d’attente comme au tout premier jour quelques heures après avoir atterri, et je ressentis déjà combien tout avait changé, la mi-septembre si loin. J’étais heureuse et fière d’être seule à travers cette foule noire, les haut-parleurs, les odeurs de soupe et de parfum, les sacs dans les jambes, j’avais fait mon grand saut dans le vide, le big bond en avant, celui du lapin malin qui me suit toujours, les tortues avec et tout le reste ; je ressentis que j’aurais pu commencer alors une longue période chinoise afin de prendre le temps de vivre enfin la Chine, à fond, je ressentis qu’à peine y aurais-je goûté dans son essence je me retrouverais à nouveau dévastée par le fait de devoir quitter le pays, rentrer, recommencer, repartir encore, une nouvelle histoire, autre part, loin toujours, tout au fond de moi.

La gare Sud de Shanghai est comme la gare de Delhi sauf que ça n’a rien à voir. Autant de monde, autant de bruit, autant d’étrange et d’étrangers, tout ce dont vous avez besoin pour vous sentir complètement perdu, mais la Southern Railwail Station est on ne peut plus moderne, si grande et propre qu’elle ressemble à un aéroport, tandis qu’à Delhi on se retrouve dans un temps oublié, des familles par paquets semblent habiter le sol puant et squatter là jour comme nuit en attente d’un train salvateur qui ne viendra jamais.
Ici la foule remue et respire d’un même cri, la salle d’attente se remplit jusqu’au dernier recoin respirable et tout d’un coup la voix que je ne comprends pas dans le haut-parleur commande la masse robotisée, la salle se déverse sur le quai aussi long qu’une piste de décollage, et moi, mon ami Mac sur les genoux, j’attends tranquillement que chacun ait trouvé sa place dans le train pour après le flux de la cohue enfin quitter la salle d’attente où ne restera qu’une vague odeur shanghaienne à peine perceptible.

Dévastée par cette nouvelle réalité qui me sautait en pleine figure— j’avais eu tant de mal à m’y faire à cette Chienne de Chine et je m’apercevais maintenant combien je ne voulais pas la quitter, rentrer bientôt déjà, le temps allait passer si vite— je faillis louper le train en direction de Hangzhou, je n’avais vraiment pas envie de quitter Shanghai, je crois, à ce moment-là.
Par carla sonia
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 11 octobre 2007





 



"Carla a la Chine triste.
D'ailleurs, depuis Carla, on ne dit plus "Je me sens triste", mais "Je me sens Chinois". Les héritiers de Françoise Sagan ont écrit à son éditeur pour lui signifier que dorénavant son célèbre roman devrait s'appeler "Bonjour Chinoiserie".
Et les habitants de l'Empire du Milieu ont décidé de rebaptiser leur pays République Populaire de Tristesse.

Je me verrais bien aller chercher Carla à l'aéroport à son retour de Tristesse. Je l'accueillerai avec un croissant au beurre de chez Dalloyau... Sauf que si son avion se pose à huit heures du soir elle risque de regarder mon croissant avec une moue souriante et de me dire: "J'aurais préféré un canard aux olives" ou "J'aurais préféré un boeuf mironton".
Quelqu'un connait la recette du boeuf mironton?

A bientôt,

--
D."

/////////////////////////////////////////////////////////////////////////////


Ce n’est pas pour me faire plaindre que j’écris, toutefois mes yeux sourient à la lecture de mots tendres (qui me sont autorisés-de-droit-de-citer) au doux parfum de pain au chocolat, comme si s’était établie avec la distance une sorte de correspondance énigmatique tel le chat courant après la souris, avec mille chats et mille souris se cherchant derrière les mots, sur ton de drame il faut prudemment s’en amuser, car une fois écrites, ces valises lourdes de mots s'envolent se font si légères si jouissifs les mots se libèrent dans le ciel noir tout là-haut des ballons.
Bulles de tristesse rejoignent les anges…

 

Je crois aussi que le gris des journées chinoises influence la couleur de ces mots, mais regardez toutes les nuances de gris, elles peuvent être si belles…

Empreinte de Gris de Chine la Tristesse je ne la ressens déjà plus je l’ai intégrée avec plus ou moins de philosophie. C’est l’autre en moi qui écrit et qui me vide d’Elle toute la sueur avec. La Tristesse, il l’a déversée l’autre en moi comme un torrent de mots des incohérences des images bizarres à en faire des cauchemars des pleurs au milieu de la pluie suffocante.

L’angoisse demeure toujours il faudra l’accepter un jour mais la Tristesse n’est plus.

Qu’à lire.

carla-lac-copie.jpg


















Et à propos de la solitude-
La solitude avec un grand S comme l’Art avec un grand A, la Solitude des artistes des peintres et des écrivains, elle n’est pas maudite tout au contraire, elle est aimable, elle est nécessaire, elle est belle à la fois lourde et légère comme un ballon de tristesse.
Je me rends bien compte que je m’y complais et que je l’aime, ma solitude, qu’elle me porte et qu’elle me rassure, je me rends bien compte que j’ai peur du monde et des gens, souvent, que j’ai mal au ventre à l’idée de rentrer dans un bureau où les gens assis bien comme il faut travaillent ensemble, même de traverser les couloirs à l’Académie, parce que l’École ça y ‘est a rouvert ses portes, et d’y voir les étudiants les uns à côtés des autres dans les salles de classe, cela m’angoisse comme un mauvais souvenir. Pourquoi ? je ne sais pas bien, mais voilà longtemps que je le sais.
J'ai besoin d'isolement. Je préfère mon indépendance et ma liberté même si elles coûtent si cher, j’en paie le prix, il n’y a pas de prix. Je me rends bien compte.

ballons-dessin2-copie.jpg
Par carla sonia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 11 octobre 2007

/////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
Parfois je n’ose plus sortir, j’ai peur dehors, la nuit m’angoisse et les gens m’effraient.

Maintenant il y a tellement de monde dans les rues au bord du lac dans les magasins, parce que c’est les vacances et qu’en vacances il n’y a pas plus belle destination que Hangzhou, qu’ils ont fabriqué une voie spéciale pour tous les vélos en plus, et que partout il devient difficile de se frayer un chemin sans être touchée, trimbalée, poussée, secouée, dévisagée, photographiée, filmée.
La dernière fois que je suis allée secouer mes neurones en short-baskets-ipod au bord du lac entre les amoureux (ma mère vient de me confirmer par voie internet qu’elle n’aime toujours pas courir mais que c’est pour mieux apprécier le grand air je la comprends bien) j’ai dû arrêter ma course pour marcher quelques minutes aux côtés d’une femme chinoise très belle pendant que l’homme qui l’accompagnait très classe avançait devant nous à reculons en tenant des deux mains un objet très précieux sa caméra. Et moi j’étais rouge en nage vidée de toute mon eau je n’ai jamais été aussi trempée à essuyer la sueur dégoulinant le long de mes jambes nues.
Trop dur d’être VIP incognito.

/////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
Je me forçais à sortir parce que cela me donnait l’impression de vivre la Chine.
Mais je dois vous faire une confidence. Je crois que je n’aime pas beaucoup cette ville.
Et puis il y faisait trop chaud. J’aurais dit 50 degrés plus toute l’humidité en réalité il faisait 34 et demi plus toute l’humidité je n’ai jamais été aussi trempée de toute mon eau vidée.

C’était avant la nuit où je m’étais laissée enivrée par 19 degrés en moins.


J’avais essayé de m’y faire, depuis trois semaines, trois longues semaines déjà, et je ne m’y faisais pas.

//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

"Il y a le paradis au ciel. Et sur terre, il y a Suzhou et Hangzhou.". Cette maxime de Chaoying, poète de la dynastie Yuan au XIVe siècle était connue de tous les chinois— et tous les chinois qui se respectent se devaient au moins un jour dans leur vie de venir marcher sur les berges du lac de Hangzhou comme on part en pèlerinage descendre les rives du Gange.

lac2-copie.jpg




















Cette ville, c’était le paradis joyeux pour les chinois, ils n’y voyaient que luxe calme et volupté.

Cette ville, c’était un enfer tranquille pour moi, un feu tout blanc brûlant comme de la glace ; je n’y trouvais que spleen, mélancolie et fleurs du mal.
Ils y rencontraient leurs anges et leurs fées en toute plénitude, je ne trouvais que mes démons, au milieu du Vide.

Hangzhou, c’était paradoxal, était réputée pour sa beauté naturelle, sa nature si belle, c’est toujours agréable d’avoir de l’eau, un grand lac en plein milieu de la cité, un cœur liquide avec de petites montagnes qui poussent au loin dans la brume, il y un poème qui dit 
Le lac ensoleillé est moins joli que le lac sous la pluie
La lac sous la pluie est moins joli que le lac brumeux
Le lac brumeux n’égale pas le lac sous la lune
Su Dongpo qui fût poète-préfet de Hangzhou au XIème siècle avait dû être très inspiré, comme les nombreux artistes et peintres qui ont fait du lac une image d’épinal que l’on retrouve dans tous les musées et les livres .
lac-de-l-ouest-copie.jpg









Alors le spectacle donnait l’illusion de se croire en pleine nature, mais ce lac, à l’emplacement d’un ancien estuaire du fleuve Qiantang sur la mer de Chine, avait été construit à la place par la main de l’homme qui éleva des digues tout autour comme pour cerner les eaux, sous l’ordre même de Su Dongpo.

Je n’ai appris cela que bien plus tard après mon arrivée et compris mon propre malaise, ressenti face à tant de froideur alors même que j’aurais pu/dû m’y trouver si bien, presque familiarisée, à Hangzhou, tellement la vie se la coulait douce.

Familiarisée car le lac de l’Ouest avec ses collines moins hautes aurait pu me faire penser au lac d’Annecy au creux des montagnes parcourues par les pins, que nous aimions tant avec mes sœurs quand maman nous emmenait nous y baigner après la classe, au pied des cimes déjà hautes c’était magique ; l’hiver le lac souvent gelait, on partait skier avec l’école le mercredi, j’avais eu ma premier coupe à six ans pour la Première Étoile, je m’en souviens parce que dans la salle de la remise des médailles, on m’avait appelée en dernier alors je croyais que j’étais la dernière, et puis au moment de me lever j’avais la jambe droite de mon pantalon retroussée jusqu’au genou parce que je m’étais tordue sur ma chaise à attendre après tous les noms appelés, alors tout le monde avait rigolé gentiment, et je m’étais retrouvée sur l’estrade avec une jambe plus courte et une jolie coupe en plus de l’étoile en broche qui est quelque part dans la cave de Ville d’A., ah non, dans le grenier de Saint-Malo à présent.

Le lac d’Hangzhou, ça aurait pu être comme le lac d’Annecy sauf que tous les critères étaient bons pour qu’il n’y ressemblât pas en vérité le moins du monde je vous le dis.
Plus rien n’avait été laissé au hasard, pas la moindre petite trace de nature sauvage et vulgaire, un peu décoiffée non, tout y était aménagé bien comme il faut, jusqu’aux îles sur l’eau fabriquées sur mesure. Les arbres étaient bien encadrés, les fleurs bien alignées, les galets bien rangés, et même le chant des grillons était recouvert par de vilains haut-parleurs à peine camouflés dans les buissons qui laissaient échapper de jour comme de nuit une étrange mélodie chinoise vaguement jazz, hier c'était "we are the world we are the children", version instrumentale, demain sans l'ombre d'un doute Hélène-je-m'appelle-Hélène je m'y attends...





















Ce que j’aime dans la nature c’est le silence sauvage et la magie d’un crissement de branches sous les pas, un vol d’oiseau quelque part tout près sans voir, le vent si doux ou si fort qui vous fait croire que la Terre parfois est encore vierge et crue et qu’elle vous embrase encore.
Ce que je vois et entends à Hangzhou ce sont des milliers de chinois, de touristes de couples de familles de vieux de restaurants de cafés westernisés, de néons, de voix en haut-parleurs les unes par dessus-les autres, de boîtes, de karaoké, de kiosques kitsch à souhait à qui vendra la bricole la plus rose en plastique bonbon.

Ce que j’aime dans la nature, c’est la nature, ce que je vois à Hangzhou c’est du béton autour du lac, du faux béton sur le lac, même quand c’est de la pierre millénaire j’ai l’impression que c’est du béton, parce que c’est gris peut-être, parce que ce n’est pas raffiné, même quand c’est beau et vieux c’est repeint en laque le bois tend au plexiglas, le béton avale la  pierre, la sculpture semble sortir d’une usine à la chaîne pour Disneyland. Je déteste l’architecture de cette ville. Les immeubles quand on s’éloigne du lac sont laids à faire peur, tous plus tordus dans leur jus gris les uns que les autres.


















immeubles2-copie-copie-1.jpg












Le pire c’est de savoir que Hangzhou est une des plus vieilles et prestigieuses cités de Chine, un des berceaux de la civilisation chinoise, elle fût la capitale des Royaumes Wu et Yue, à l’époque des Cinq Dynasties, période de division et de lutte acharnée pour le pouvoir, comme je l’avais appris avec Petit Dragon et Ding aux Portes du Dragon, un héritage de culture et d’histoire, une histoire de plus de deux mille ans depuis l’Empereur Qing, comment pouvais-je donc passer à côté sans ressentir en moi la traversée des siècles ? Un peu de poussière… La cendre dans les temples. Si peu.


C’est qu’Hangzhou était devenue également une des villes les plus riches de l’Empire du Milieu, ce qui signifiait, luxe faste et propreté, voluptueux artifices, électriques pas magnétiques, Porsche, Mercedes, Ferrari, restaurants haut de gamme et grands hôtels dans lesquels j’avais moi-même été invitée avec Les Cent, je l’ai retrouvé l’hôtel, d’ailleurs, avec tous ces chinois entrant et sortant, faciles, souriants, légers, bien habillés (à la mode chinoise), j’ai eu une toute autre vision de le ville, de la Chine, des chinois, que celle que j’avais eue alors, l’espace d’un instant si privilégié, toujours le privilège, forcément, forcément. 















porsche-copie.jpg













/////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
Alors forcément dans un moment pareil on se demande toujours ce que l’on fait là à quoi ça sert et à quoi bon, mais d’une, j’assumais le fait que j’avais choisi d’être ici, quand je me disais ce sera cool je travaillerai dans les ateliers de l’Académie —l’école des Beaux-Arts à Hangzhou est la plus célèbre du pays— le week-end je prendrai le train pour Shanghai, et de deux, il ne faisait pas bon par les temps qui courent rester à Paris je me serais minée sous ma couette avant l’hiver à crier rage au désespoir, et personne n’aurait rien pu pour moi…
Par carla sonia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 10 octobre 2007
Il pleure des cordes à torrent. Elles cognent contre la vitre et font vibrer les fenêtres mal isolées.

Du temps j’ai perdu le fil. 

C’est dimanche et depuis mon lit j’aime bien ça.

Dans la pluie aujourd’hui tout s’efface je ne vois plus rien je vois les mirages que je veux voir.
Je pourrais être n’importe où quelque part. Ailleurs de près au loin ici. Le lieu n’a plus d’importance. L’espace se confond avec temps dont le fil est resté là ici au loin quelque part.
Je regarde par cette fenêtre la journée de pluie blanche dans le ciel gris. Je regarde la journée blanche de pluie grise. Un blanc, le vide, un grand trou noir, je repense.

Je repense à une course à l’Aiguille du Midi avec François et des clients à lui, on était en train d’escalader les parois tout là-haut tout près du Mont Blanc tout blanc à cheval entre la France et l’Italie, j’étais dernière de cordée il fallait garder de la distance entre les voies, soudainement il s’était mis à faire un peu froid, et une brume assourdissante en un instant avait enveloppé le versant nord que nous grimpions, si bien que j’étais perchée seule au dessus de rien, du vide, un néant nuageux n’entendant plus rien ne voyant plus que du blanc en bas en haut, tout autour et derrière, c’était hallucinant de frayeur et de beauté, le blanc alors est pareil au noir, aveuglant et terrifiant, j’en éprouvai un vertige voluptueux, alors je restai là un instant suspendu dans le temps suspendue dans le vide rattachée à la vie par seule cette corde bien mousquetonnée dans le baudrier, ensuite grimper dans le blanc sans voir comme on se jette dans le vide le dos tourné.

Dans la pluie aujourd’hui tout s’efface je ne vois plus rien.
Juste le point virgule comme des yeux rouges à travers le mur.

croquyis001-copie.jpg
/////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
Je pense à François mon oncle et voilà que je reçois à l’instant un email de mes grands-parents, c’est véridique, ils méritaient bien qu’on les cite aussi en entier accord obtenu ("
O.K.pour nous citer (modestement) sur ton blog") ces deux êtres extra-ordinaires, c’est le mot juste, mes chers si chers Mamy et Grand-Papa qui nous emmenaient grimper ou chercher le héron sous la pluie aux Étangs de Loudon..

Petite Carla adorée, Bien reçu et lu ta vie en Chine.
Ici ça-va...le jeudi nous allons chez les cousins en campagne faire du
cheval...c'est tout bon et bien agréable et je commence
à savoir diriger mon cheval Eliott.Gr.Maman monte toujours avec aisance...comme une pro !
Reprise des activités avec les handicapés,hier un peu de gym.avec les
plus handicapés lesquels ne parlent pas (ou difficile à
comprendre..il faut agir au mieux.
Ce matin roller.
Fait bien attention à la nourriture.
Bonne semaine et réussite dans ton travail.
Le bras de François est décousu.François dit que ça-allait!Joséphine est
ravie de manger à la cantine.Le chalet est en
chantier.Voilà les drenières infos de ChaM.
Beaucoup de bises pour Toi ...nous pensons à notre petite Carla la
voyageuse tous les jours !
Grand Maman et Grand Pa.

fenetre-copie.jpg

/////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
Et il y a toujours tous ces lutins ailés bizarres qui habitent à l’intérieur de moi et qui m’assaillent certaines jours plus que d’autres.

Ou bien il y a les démons et les fées qui sautent dans le vide qui remplissent le vide,  deviennent le trop plein et se renversent les uns sur les autres les autres sur les uns reversent le trop-plein dans le vide qui se vide de trop-plein.
Les uns courent après les autres mais les autres courent après d’autres, c’est comme l’amouratrois. Sans fin sans issue pauvre dessein.

Ou bien il y Un Autre en moi qui squatte mon corps mon esprit et mon âme tout en même temps, et prend tout d’un coup bien plus de place que mon petit moi, je ne parle pas là de schizophrénie bien que nous ayons tous en nous je le crois un Jeckel et un Hyde peu importe qu’il fasse jour ou que ce soit la nuit.
Je ne sais pas bien.

Mais j’apprends à les apprivoiser tous ces autres ces coquins puisqu’ils sont toujours là, ils ne décampent pas, bien encordés, tout d’un bloc, parce qu'ils ne séparent pas les choses. Ils sont si simples dans leur complexité qu’ils ne font pas de différence entre les moments, entre les mots, les dessins, les rires et les pleurs, les bassines d’eau froide et les dumplings à la sauce cacahuète. 

Éventuellement un jour même —un jour m’aime, ils se tiennent la main, ils s’accordent et rayonnent plus fort que la douleur.

////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
Je vis chaque instant de mes journées avec mes petits lutins dans une même unicité entre respiration et désolation. La création au sortir d’un désespoir. Le mot n’est pas trop fort. Tout est beau et tout est laid en même temps dans ces journées colorées sans couleurs. Tout y est vide et tout y est plein. Tout est réflexion autant que sensation. Au bout du compte, surtout par dessus tout, tout est inspiration, source limpide ou coagulée, coulant le long de mes jambes au bout de mes pinceaux. 

Et Wen T’ung dit : « Avant de peindre un bambou, il faut qu’il pousse d’abord dans ton for intérieur. »

Je vais sortir sous la pluie pour arroser mon bambou intérieur.

Par carla sonia
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 10 octobre 2007


Je ne cours plus après le lac je cours au bord du temps je suis redevenue éponge mon corps tout enregistrer ma tête tout prendre ses mains tout embrasser je suis en retard et ce n’est pas grave toute la tristesse balayée avec le vent leurs bras dix pages écrites que je n’ai pas encore postées j’ai fait mille photos pas encore regardées mais ce n’est pas grave ce n’est pas grave car j’ai rencontrés tellement de belles personnes, le vent a tourné toute la tristesse balayée avec le vent je ne sais plus ce que j’ai dit ce que je n’ai pas dit tout ce que vous lirez dans les chapitres suivants je pense tout le contraire il faudra lire à l’envers, j’ai eu envie de tout prendre et je me suis laissée prendre fascinée par tout éponge je suis redevenue, ses yeux, tout écrire tout filmer tout dessiner des chinois et des pas chinois leurs pas ici tellement de belles  personnes rencontrées comme si elles tombaient du ciel, des artistes, tous presque le plus souvent des gens de l’image, les gens de l’image s’entendent et boivent le même élixir qui fait si mal au crâne au réveil mais qu’est-ce que c’était bon des peintres des poètes des graveurs des sculpteurs des cinéastes des musiciens des cuisiniers, à regarder à voir à parler écouter à crier chanter à refaire le monde boire et manger et fumer autour d’une grande table de douze puis treize puis quinze, collée à ses cuisses jusqu’au bout de la nuit jusqu’au petit matin j’ai regardé voir, écouté parler crié chanté refait le monde avec eux mangé bu il était fort cet alcool de riz de quinze ans d’âge si fort j’ai cru que mes tempes exploseraient, elles auraient explosé que je n’aurai rien regretté rien.


//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
Cette nuit-là on a perdu entre 18 et 19 degrés d’un coup et le vent a tourné.
Et avec le vent tout s’est accéléré.
Je suis en retard et ce n’est pas grave, comme c’était bon de se laisser prendre…

Cette nuit-là j’ai aimé la Chine comme si elle s’ouvrait à moi, mais je savais bien qu’en rêve et en réalité c’était moi qui m’ouvrait à elle.

Je ne pourrai plus tout dire. Ce n’est pas possible.

Mais voilà comment tout est arrivé…


 
Par carla sonia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 8 octobre 2007
Une transe un peu légère comme ça, douce amère et silencieuse.

Je me suis remise à dessiner et j’en ai éprouvé des frissons presque semblables à ceux qui parcourent l’intérieur des veines l’espace d’un instant ceux qui hérissent le duvet des avant-bras et envoient des picottis tout chauds et froids derrière les oreilles et aussi font fermer les yeux, quand, un soir debout derrière la fenêtre, on se laisse caresser par une très belle musique…

J’ai commencé à éprouver ces frissons-là en écrivant, et depuis parfois quand je n’écris pas je me réjouis d’avance à l’idée de me remettre devant le texte et de chercher les mots, minutieusement ou en vrac comme ça, rien que d’y penser, les picottis dévalent la pente du haut du crâne jusqu’au ventre, glissent sur le grand toboggan du milieu en nargant tous les organes, passant par les hanches et les reins, c’est si bon, si bien, puis remontent la pente dans tous les sens éveillés. 

Être « quelqu’un de l’image » est très frustrant quand on sait que quelques notes suffisent à réveiller les picottis tandis que travailler un dessin ou un texte apporte souvent beaucoup de confrontation intérieure, et de questionnement, et de frustration, donc. Pour moins de sensation. Si je devais perdre un sens, la vue ou l’ouïe… ah je ne sais plus. Ne pas perdre de sens.

Et puis parfois, presque imperceptiblement sans prévenir, la magie opère comme on dit, les frissons mes petits lutins gentils —l’autre jour si mesquins—, ces petits lutins guerriers qui tantôt me frappent à coup d’épée dans la panse enflée tantôt me plument de caresses secrètes, ces petits lutins rappliquent le long de mon cou comme une bise fraîche, une vraie, de bise comme le vent, la bise, une petite bise à peine effleurée si peu qu’on ne sait pas bien si l’on a rêvé, ça m’était arrivé une fois, assise un soir de juillet sur le pont qui relie l’île Saint-Louis à l’île de la Cité, Louis m’avait présenté Thibault, et Thibault sur mon épaule nue avait déposé un baiser. La tête détournée vers la Seine j’avais fermé les yeux et senti la bise, laquelle. Les deux sans prévenir imperceptiblement, la magie.

Alors parfois oui de plus en plus, je me surprends à dodeliner de la tête comme si je composais un morceau, mes gestes sur le papier sont ceux d’un chef d’orchestre qui a déjà tout en tête, et les traits ou les mots s’harmonisent même dans la cacophonie, je deviens conducteur le mot est si juste en anglais, diriger et véhiculer en un seul temps, je me laisse transpercer transportée par cette musique intérieure et par cette musique intérieure je m’oublie je suis très loin en dehors de mon corps je suis tout au fond de moi très profond au creux de mon âme.

 


 



//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
L’art est un état d’âme, une disposition de l’esprit.
L’art comme un accomplissement de soi, à chaque respiration.


Par carla sonia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 8 octobre 2007
rideaux-de-fleur-copie.jpg
Hervé Joncour n’avait jamais vu cette jeune fille, et en fait il ne la vit pas non plus, cette nuit-là. Dans la chambre sans lumière, il sentit la beauté de son corps, et il connut ses mains et sa bouche. Il l’aima pendant des heures, avec des gestes qu’il n’avait jamais faits, se laissant enseigner une lenteur qu’il ne connaissait pas. Dans le noir, ce n’était rien de l’aimer, et de ne pas l’aimer, elle.
Un peu avant l’aube, la jeune fille se leva, remit son kimono blanc, et partit.

Soie,
Alessandro Baricco, page 79, chapitre 35.

Lire la page 126 et se souvenir.
////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
Par carla sonia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 8 octobre 2007
cheveux-longs-copie.jpg De mes yeux grisés je cherchais les ombres parfois ces yeux de gris épris rencontraient la grâce.
//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

J’ai vu.
La première gueule qui m’a subjuguée.
Je me promenais avec Ding sans Petit Dragon sur une des îles factices qui flottent au milieu du lac d’Hangzhou.
Il était là, assis par terre à regarder en miroir son reflet glisser sur l’eau doucement.

Une grande tignasse noire, de longs cheveux très raides, très reluisants comme ceux des Indiens d’Amérique du Nord qui jonchent les rues de Vancouver une bouteille de mauvais vin à la main.

Je me souviens très bien du premier Indien que j’ai vu à dix ans au Canada, parce que je me rappelle l’avoir trouvé très beau, très séduisant, je me rappelle même avoir soutenu son regard dans la rue, je ne pouvais m’en détacher, par fascination et par curiosité ; il penchait son crâne en avant d’un geste rapide et contrôlé malgré la dose d’alcool dans le sang qui sentait fort dès le matin, puis la relevait d’un seul coup
la tête, sa crinière chassant le vent dans son mouvement, comme quand on fait quand on a les cheveux longs. Je me rappelle très distinctement m’être demandée si cette chevelure luisante si virile brillait autant parce que c’était des cheveux d’Indien, si c’était parce qu’il avait les cheveux mouillés, ou si c’était parce qu’il avait les cheveux gras... Si gras eussent-ils pu être ses yeux tout aussi reluisants pénètrent encore les miens à chaque fois qu’ils recroisent, mes yeux, les yeux noirs d’une gueule typée avec de longs cheveux raides et noirs.



Le chinois que j’ai vu sur l’île, le premier chinois que je trouvais magnifique et intensément séduisant, avec une vraie tronche, c’était aussi mendiant, mais je crois qu’il venait de très loin,  et il ne mendiait rien, il restait là assis bien calé sur ses talons à chercher son image au fil de l’eau.






Par carla sonia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 7 octobre 2007
Il me dit que je suis belle. Il me dit qu’il me lit tous les jours. Qu’il aime qu’il aimerait me dévorer même.

Sais-tu combien tu me dévores, ange noir aux yeux rouges dans ta fumée ?

////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
et la petite voix au milieu de la nuit trempée me dit oublie oublie oublie

 

Par carla sonia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés